La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) affirme que l’itinérance est un problème croissant sur son réseau ferroviaire nord-américain et s’est engagée à verser 100 millions $ sur 10 ans pour financer des organismes locaux et des refuges qui offrent des services aux personnes sans-abri.
Les organisations à but non lucratif au Canada et aux États-Unis, y compris les groupes menant des projets de recherche sur l’itinérance, pourront faire une demande de financement en ligne, a indiqué mardi Olivier Chouc, vice-président principal et directeur juridique du CN, lors d’une entrevue.
Il a affirmé que les responsables du CN constataient de plus en plus de cas d’itinérance sur l’ensemble du réseau ferroviaire. «Nous disposons de vastes terrains, de terrains vagues, qui ont tendance à attirer les personnes sans domicile fixe et tous ces campements», a expliqué M. Chouc.
À Montréal, où se situe le siège social du CN, l’entreprise fait un don d’un million $ à quatre organisations qui viennent en aide aux sans-abri: le refuge pour femmes Le Chaînon; Dans la rue, qui travaille auprès des jeunes en situation d’itinérance; Mission Old Brewery, l’un des plus grands réseaux de refuges de la métropole; et Projets autochtones du Québec, qui offre des services aux Autochtones. Chacune recevra 250 000 $.
L’entreprise devrait faire cette annonce mercredi matin au centre-ville, dans les locaux de la Mission Old Brewery.
Dans un communiqué de presse, le CN a indiqué avoir choisi ces quatre groupes montréalais, car ils «desservent les personnes et les familles et répondent aux besoins particuliers des jeunes, des femmes, et des membres des Premières Nations et des Métis qui sont en situation d’itinérance ou qui risquent de le devenir.».
Les organisations situées le long des 30 000 kilomètres de voies ferrées du CN au Canada et aux États-Unis peuvent présenter leur demande de financement à partir de juillet et jusqu’en septembre.
Cette aide financière est saluée par le Réseau solidarité itinérance du Québec, qui représente plus de 260 organismes de lutte contre l’itinérance dans la province. Le porte-parole Eric Edström a déclaré qu’il était heureux que le CN ait choisi de financer directement des refuges et des groupes déjà établis.
«Ça arrive par les refuges, ce n’est pas une compagnie qui essaie de se suppléer à ce qui existe déjà en disant “nous, on va créer une nouvelle affaire, donner des tentes” ou quoi que ce soit», a ajouté M. Edström.
M. Chouc a affirmé que le CN reconnaissait l’ampleur du problème et les limites des fonds privés.
«Nous savons que c’est un énorme problème, et nous savons qu’il faudra plus que notre investissement pour le résoudre, mais je dirais: si l’on ne commence pas quelque part, on ne le résoudra jamais, et l’endroit où nous commençons est en fait assez significatif.»
M. Chouc a souligné que le CN avait déjà collaboré avec des organisations nationales, telles que l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, afin de mieux comprendre les causes profondes qui conduisent les gens à se retrouver dans la rue.
Le mois dernier, le gouvernement du Québec a publié des chiffres montrant que l’itinérance a augmenté dans toute la province. Réalisé le 15 avril 2025, le recensement a dénombré plus de 12 000 personnes en situation d’itinérance visible, ce qui représente une augmentation d’environ 20 % par rapport au dernier recensement d’octobre 2022.
Les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, des Laurentides, de la Côte-Nord, de Laval et du Saguenay—Lac-Saint-Jean ont toutes enregistré des hausses de plus de 50 %. Ces régions ont également vu augmenter la proportion de personnes sans domicile fixe passant la nuit dehors plutôt que dans les refuges ou les hôpitaux.
Montréal comptait de loin le plus grand nombre de personnes en situation d’itinérance visible au Québec, avec 5036 personnes, ainsi que la plus forte proportion de personnes sans domicile fixe pour 100 000 habitants.
