Les données dévoilant le nombre de personnes en situation d’itinérance au Québec sont «alarmantes», mais pas du tout «surprenantes». Selon le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, ces chiffres ne sont «que la pointe de l’iceberg».
Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, affirme que la situation est plus frappante sur le terrain. Pourquoi?
«Il y a tout un pan de l’itinérance qui est caché, que ce soit l’itinérance des femmes, l’itinérance des jeunes ou l’itinérance des personnes vulnérables», a-t-elle expliqué vendredi sur les ondes de Noovo Info.
Mme Savage explique qu’il existe plusieurs campements isolés dans l’ensemble de la province qui ne comptent pas dans les données recueillies pour le ministère de la Santé et des Services sociaux. «Il ne faut pas se fier juste sur ce chiffre-là.»
Or, ces chiffres montrent que 12 077 personnes se trouvaient en situation d’itinérance visible dans les 15 régions qui ont participé à l’exercice l’an dernier.
C’est 1873 personnes de plus qu’en 2022.
Aux yeux de Mme Savage, cela démontre que l’itinérance n’est pas qu’un enjeu montréalais, il est désormais provincial.
N’empêche que c’est dans la région de Montréal où l’on dénombre le plus de personnes en situation d’itinérance, avec 5036 individus. Mais ce n’est pas tout.
«Il faut faire attention, car la méthodologie qu’on utilise a ses limites», réitère Mme Savage. «Je pense que les chiffres pour Montréal sont largement sous-estimés», a-t-elle lancé.

