Une femme autochtone de Colombie-Britannique, qui avait déposé une plainte pour atteinte aux droits de la personne avec son père contre Canadian Tire, se dit soulagée que l’affaire soit réglée des années plus tard et espère que cela permettra à d’autres d’éviter de subir le même sort.
Dans le cadre d’une entente de règlement avec Richard et Dawn Wilson, une entreprise de sécurité tierce travaillant dans un magasin Canadian Tire de Coquitlam reconnaît que son ancien employé a enfreint le Code des droits de la personne interdisant le profilage racial et la discrimination lors de la fouille du sac de Richard Wilson en 2020.
Le magasin admet qu’un ancien employé a tenu des propos désobligeants lorsqu’il a été informé de l’incident, et Canadian Tire Corporation reconnaît qu’elle n’a pas transmis de plainte au magasin de Coquitlam pendant des semaines, et seulement après le départ de l’employé.
Des représentants de Canadian Tire, du magasin et de Blackbird Security participent à une cérémonie de purification traditionnelle Heiltsuk, une forme de justice réparatrice qui reconnaît le préjudice causé par le profilage racial.
Dans le cadre de l’entente, Canadian Tire s’est engagée à mettre en place une formation plus poussée sur les stéréotypes envers les Autochtones et le profilage racial, et à revoir son processus de traitement des plaintes afin de s’assurer qu’il comporte des étapes claires pour traiter les allégations de discrimination.
L’entente comprend une compensation financière confidentielle, dont une partie sera versée, selon Dawn Wilson, à l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique pour financer une étude sur le problème du profilage racial des consommateurs autochtones au Canada.
Le magasin et la société de sécurité se sont engagés à ce que toutes les mesures de prévention des pertes soient fondées sur des critères objectifs et non discriminatoires, et à mettre en place une formation sur la discrimination et les préjugés inconscients.
Ils recueilleront également des données sur les plaintes pour discrimination.
Dans une entrevue, Dawn Wilson explique que son père et elle ont dû surmonter des obstacles à tous les niveaux pendant des années pour que leur plainte soit prise en compte.
Elle affirme que cela démontre la nécessité d’un changement en profondeur.
«Il s’agissait d’un problème systémique, alors nous voulions un changement systémique. Quelque chose qui ne se produise pas seulement pour mon père et moi, mais pour tous ceux qui viendront après nous, et c’est ce que nous ressentons, explique-t-elle. Beaucoup de choses se sont passées lors du règlement, et il semble que ce soit une approche très globale pour s’attaquer à ces problèmes majeurs.»
Ce couple, membres de la nation Heiltsuk, faisait ses courses dans le magasin en 2020 lorsqu’un agent de sécurité a fouillé publiquement le sac de Richard Wilson.
Lorsque Dawn Wilson a exprimé ses inquiétudes, un employé du magasin a répondu que son père «lui avait appris la différence entre un Indien et un Autochtone: un Indien vient de la réserve et mendie et vole.»
La plainte pour atteinte aux droits de la personne devait être entendue en octobre.
La cérémonie de purification de mardi est basée sur un concept autochtone qui signifie «inverser les choses et rétablir l’ordre».
Dawn Wilson a expliqué que l’objectif de cette cérémonie publique est de valider ce qui s’est passé et constitue «une façon concrète de se libérer de toute cette douleur et de cette souffrance».
«Je suis vraiment heureuse que cela se produise. Je trouve formidable que Blackbird et Canadian Tire aient accepté cela, et j’accepte leurs excuses sans réserve», a-t-elle déclaré.
Dans le cadre de sa plainte pour violation des droits de la personne, la Nation Heiltsuk a commandé un rapport sur le profilage racial des consommateurs, qui préconisait notamment une étude plus approfondie de la question.
Dawn Wilson a souligné qu’il était important qu’une partie des indemnités soit allouée à une étude plus vaste afin de disposer de davantage de données sur lesquelles d’autres pourront s’appuyer.
«Ils n’auront peut-être pas autant de soutien que nous de la part du Conseil tribal Heiltsuk, et nous voulons simplement nous assurer qu’ils disposent d’un outil pour les aider dans cette épreuve, car il peut s’agir d’un processus extrêmement traumatisant lorsqu’on se sent déjà lésé», a-t-elle expliqué.
Elle a ajouté qu’ils souhaitaient alléger autant que possible la pression qui pèse sur les plaignants afin qu’ils se sentent soutenus.


