Canadian Tire a plaidé coupable des dizaines de chefs d’accusation dans une affaire de faux prix de référence pour des produits en solde, a rapporté l’Office de la protection du consommateur vendredi.
Le détaillant canadien devra payer des amendes totalisant 1,29 millions de dollars (M$).
L’OPC a pincé Canadian Tire à montrer de faux prix «courants» ou de «référence» – ces fameux prix que vous voyez rayés sur vos circulaires pour mettre en valeur un prix à rabais, généralement plus alléchant pour le consommateur.
Ce genre de manœuvre trompeuse contrevient à l’article 225 b) de la Loi sur la protection du consommateur.
Canadian Tire a agi ainsi pendant six mois, d’avril à octobre 2021. L’OPC dit avoir ciblé sept produits dans les circulaires, sur le site web du populaire magasin de produits de tout acabit pour la maison, l’auto, la cuisine, les sports et autres, ainsi que dans trois succursales de la grande région de Montréal.
«L’analyse des données de vente a démontré que les produits n’étaient vendus au prix courant que dans une très faible proportion des cas», a écrit l’OPC dans un communiqué.
«L’enquête a établi qu’en magasin, les produits n’ont pratiquement jamais été affichés au prix courant pendant la période de vérification.»
— Extrait d’un communiqué de l’Office de la protection du consommateur
Canadian Tire a reconnu sa culpabilité pour cinq des produits faisant l’objet de l’enquête, indique l’OPC, soit des ensembles de couteaux Henckels et Cuisinart, des batteries de cuisine Lagostina et Heritage et une perceuse sans fil Dewalt.
L’entreprise a fait parvenir une déclaration à La Presse Canadienne à l’issue de ce dénouement en Cour. La directrice des affaires corporatives de Canadian Tire, Cindy Thérèse Hoffman, écrit que «les allégations de l’OPC portent sur cinq articles sur une période de six mois, il y a cinq ans.
«Il est important de préciser qu’aucun client n’a été facturé en trop et que la question est maintenant réglée», ajoute Mme Hoffman.
Fait à noter, la déclaration utilise l’expression «allégations» en français alors qu’en anglais elle utilise «charges», qui signifie accusations, alors que le terme allégations fait référence à des faits qui restent à prouver, ce qui n’est pas le cas puisque l’entreprise a plaidé coupable.
De plus, rien au dossier ne reproche à Canadian Tire d’avoir surfacturé des clients, mais bien d’avoir fait croire que le prix original avant rabais était plus élevé qu’il ne l’est réellement de façon à faire croire que le rabais est plus important qu’il ne l’est réellement.
Canadian Tire devra verser la somme réclamée d’ici 12 mois.
Avec de l’information de Pierre Saint-Arnaud pour La Presse canadienne

