Politique

Fonderie Horne: Legault se dit prêt à assurer «sept années de prévisibilité»

«Nous avons tous le même objectif: protéger les nombreux emplois qui y sont rattachés, tout en nous assurant de la santé de la population.»

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Le premier ministre du Québec, François Legault, photographié lors d'une conférence de presse à Trois-Rivières, au Québec, le 27 janvier 2026. Le premier ministre du Québec, François Legault, photographié lors d'une conférence de presse à Trois-Rivières, au Québec, le 27 janvier 2026. (Christinne Muschi)

Devant l’incertitude pour les emplois à la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda, le gouvernement du Québec se dit maintenant prêt, à certaines conditions, à accorder sept années de «prévisibilité réglementaire» à Glencore pour maintenir les emplois et favoriser le développement économique régional.

Québec pose toutefois comme conditions qu’il y ait acceptabilité sociale, confirmée par les élus de Rouyn-Noranda.

Québec demande également à la multinationale Glencore de faire sa part en s’engageant à maintenir ses investissements en modernisation et dans l’amélioration de la qualité de l’air.

Dans une déclaration publiée jeudi, le premier ministre François Legault, lui-même responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, s’est dit conscient de l’importance de la Fonderie Horne sur l’économie de la région.

«Nous avons tous le même objectif: protéger les nombreux emplois qui y sont rattachés, tout en nous assurant de la santé de la population. Nous sommes prêts à faire un pas important en accordant sept années de prévisibilité à l’entreprise, mais celle-ci doit aller de l’avant avec ses investissements. Les élus municipaux ont aussi la responsabilité de confirmer l’acceptabilité sociale de la norme d’émission de la fonderie.»

Il se dit prêt à poursuivre les échanges avec les parties intéressées pour trouver une solution.

«Le gouvernement entend poursuivre ses discussions avec l’entreprise, mais aussi avec la Ville de Rouyn-Noranda, qui doit s’assurer qu’il existe une acceptabilité sociale au sein de la communauté», affirme-t-on dans la déclaration gouvernementale.

La Fonderie Horne avait récemment exigé des garanties du gouvernement quant à ses obligations environnementales, afin de poursuivre ses investissements dans la modernisation de l’usine et la réduction des émissions d’arsenic. Elle craignait qu’une fois la cible d’émissions de 15 nanogrammes par mètre cube atteinte, après la concrétisation de ses investissements, Québec ne l’abaisse encore une fois.

Lors d’une conférence de presse à Rouyn-Noranda, la présidente de la CSN, Caroline Senneville, a justement demandé une réponse claire de la part du gouvernement, afin de dissiper l’incertitude qui entoure l’avenir de la fonderie et des emplois qui en découlent. Une entente pourrait être à portée de main si tous font leur bout de chemin, croit-elle.

Le syndicat, rattaché à la Fédération de l’industrie manufacturière, affiliée à la CSN, y représente 600 travailleurs.

Mme Senneville rapporte que des travailleurs ont le moral «très bas, très bas; ils vivent énormément d’anxiété».

«Ils ne perdront pas leur job demain matin, mais, quand tu as une hypothèque, puis que tu as un prêt auto, puis que tu es implanté dans la région, bien tu penses un peu plus loin que demain matin. Les membres vivent vraiment dans l’inquiétude.»

Elle espère donc que cette incertitude sera dissipée «dans les prochains jours, sinon il y aura d’autres mobilisations».

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste