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Fonderie Horne: pas question pour la CAQ de mettre de l’argent pour l’instant

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Glencore suspend ses projets d’investissements de 300 millions $ dans la Fonderie Horne Rouyn Noranda. La Fonderie Horne, qui appartient à Glencore, est photographiée le 29 octobre 2022 à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. LA PRESSE CANADIENNE/... Glencore suspend ses projets d’investissements de 300 millions $ dans la Fonderie Horne Rouyn Noranda. La Fonderie Horne, qui appartient à Glencore, est photographiée le 29 octobre 2022 à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. LA PRESSE CANADIENNE (Stephane Blais)

Pas question de sortir le chéquier pour la Fonderie Horne pour l’instant, a laissé entendre mercredi le gouvernement Legault, qui répond aux menaces de fermeture de l’usine située à Rouyn-Noranda.

La multinationale Glencore doit investir 300 millions $ pour se conformer aux nouvelles normes d’arsenic dans l’air, mais dans ses négociations, elle réclame des fonds au gouvernement pour ainsi partager le risque.

En cas de refus, elle souhaite un sursis supplémentaire pour l’atteinte de la norme de 15 ng/m3.

De son côté, l’opposition officielle libérale a demandé la mise en place d’une cellule de crise pour résoudre l’impasse dans cette controverse sur la pollution de l’air dans la capitale de l’Abitibi qui dure maintenant depuis plusieurs années.

Toutefois, en mêlée de presse mercredi matin, le ministre de l’Économie, Jean Boulet, a évoqué que dans le contexte actuel, «il peut y avoir des stratégies de négociation» de Glencore.

«Pour l’instant, il n’est pas question de remettre de l’argent, il est question de rassurer la compagnie sur les investissements qu’elle doit faire. Ce qu’elle anticipe, c’est de la prévisibilité. C’est sur ce concept qu’on travaille.»

Il a assuré qu’«aucun scénario de fermeture» n’a été porté à sa connaissance.

«Il faut continuer les activités, il faut trouver un juste équilibre, respecter la santé de la population», a plaidé le ministre de l’Économie.

Quant à savoir si Glencore est un bon citoyen corporatif, M. Boulet a été laconique: «Je ne m’exprimerai pas là-dessus.»

En décembre dernier, le gouvernement était prêt à accorder un délai supplémentaire de 18 mois à Glencore pour l’atteinte de ses cibles de réduction de l’arsenic, en échange de quoi l’entreprise s’engageait à investir les 300 millions $, selon ce qu’avait rapporté le premier ministre François Legault.

C’est que la fonderie dépasse de loin la norme annuelle de rejet d’arsenic de trois nanogrammes (ng) par mètre cube (m3), mais elle bénéficie d’ententes particulières avec le gouvernement.

Selon les données de l’entreprise, la concentration d’arsenic émis dans l’air en 2024 aurait atteint une moyenne de 39,1 ng/m3, en baisse par rapport à 73 ng/m3 en 2022.

En vertu de la plus récente autorisation ministérielle accordée par Québec en 2023, la fonderie devait atteindre une cible de 45 ng/m3 en 2024 et devra respecter un objectif de 15 ng/m3 à partir de 2027, soit la valeur repère de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

En 2023, le gouvernement avait également formulé de nouvelles exigences conformes au Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA) ainsi qu’aux recommandations de la Santé publique: il exigeait notamment que l’entreprise élabore un plan d’action visant à atteindre la norme du RAA, soit 3 ng/m3, un plan attendu au plus tard en 2027.

En juillet dernier, le directeur général pour la filière cuivre en Amérique du Nord de Glencore, Vincent Plante, avait indiqué que l’entreprise jugeait la cible de 3 ng/m3 «techniquement impossible» à atteindre.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste