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Une application pour protéger les victimes de violence conjugale pourrait faire faillite

Le gouvernement tarde à reconnaître officiellement cet outil, qui aide des centaines de femmes à se sentir en sécurité.

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Une application pour protéger les victimes de violence conjugale pourrait faire faillite

L’application Robine, qui permet notamment d’envoyer au 911 une vidéo en direct à partir d’un téléphone cellulaire, est utilisée par de nombreuses victimes de violence conjugale afin de se protéger. Mais le gouvernement caquiste tarde à reconnaître officiellement cet outil et l’entreprise derrière l’application menace de faire faillite d’ici le mois de juin.

L’application québécoise permet aux victimes qui l’utilisent d’avoir un sentiment de sécurité. Grâce à un simple clic, l’application lance un enregistrement vidéo qui est transmis en direct à une centrale de surveillance. Elle permet également d’avertir les policiers, leur indiquant l’endroit précis de l’événement.

Une victime de violence conjugale qui utilise l’application dit à Noovo Info avoir réussi à avoir de l’aide rapidement grâce à elle.

Elle raconte que son ex-conjoint l’a menacé de mort avec son arme de chasse et l’a prise par la gorge, mais qu’elle a eu le réflexe de l’enregistrer avec l’application mobile.

«Je voulais me protéger parce que je me suis dit: “S’il m’arrive de quoi, mes enfants vont savoir ce qui est arrivé”», se souvient-elle.

Robine lui permet de respirer et de savoir qu’il y a toujours de l’aide à portée de main.

«L’application, elle sait où tu es et je suis capable d’avoir de l’aide vite. C’est capable d’aller dans les autos de police, puis de dire c’est à quel endroit que ça se passe», dit-elle.

La preuve recueillie par l’application Robine est d’ailleurs admissible devant les tribunaux québécois.

Malgré tout, le gouvernement refuse de reconnaître l’application comme un outil officiel.

EyeNation, l’entreprise derrière l’application Robine, peine à se tenir debout et menace de faire faillite d’ici le mois de juin.

«En juin, il y aura 200 victimes, majoritairement des femmes, qui ne seront plus protégées. Ces femmes vont être à risque d’être agressées, d’être harcelées. Elles n’auront plus l’outil indispensable pour démontrer à un juge que l’agresseur va manquer à ses obligations. C’est ça qui est fondamental», déplore Pierre-Hugues Boisvenu, ancien sénateur canadien.

Le gouvernement, de son côté, soutient qu’un avis d’appel d’intérêt pour la mise sur pied «d’un dispositif grave danger» a été lancé en 2025.

«Par respect pour la confidentialité de ce processus. Nous ne pouvons pas affirmer si EyeNation ou toute autre entreprise a soumis une solution ou non pour l’évaluation», a indiqué le ministère de la Justice à Noovo Info.

EyeNation pourrait donc recevoir un contrat officiel, mais rien n’a été décidé pour l’instant.

Mais selon Gino Désautels, développeur de l’application québécoise Robine, le ministère songerait plutôt à privilégier une entreprise française. En attendant, il espère pouvoir s’entretenir avec le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

À voir dans la vidéo.