Les parents d’enfants ayant des besoins particuliers peinent à trouver des places en service de garde, a appris Noovo Info.
Plus de la moitié des gestionnaires ont dû refuser un enfant parce que ses besoins étaient trop grands pour leur capacité d’accueil, selon une étude.
Selon Véronique Lizotte, de la Table de concertation pour l’inclusion en service de garde de Montréal, le problème se trouve notamment dans le manque de soutien. Accueillir un enfant avec un besoin particulier demande du temps et de l’expertise; deux ressources qui manquent cruellement.
«La personne éducatrice est une professionnelle de la petite enfance. On ne lui demande pas d’être une orthophoniste, d’une ergothérapeute, d’une physiothérapeute, etc. Donc, elles ont besoin du soutien aussi du réseau de la santé», explique-t-elle, soulignant que les Centres de la petite enfance (CPE) devraient pouvoir avoir accès aux ressources pour accueillir des enfants aux besoins particuliers.

Pour Marie-Luc Lafrance, maman d’un jeune garçon atteint de la cécité nocturne stationnaire, une maladie génétique qui affecte sa vision, l’arrivée de son fils en garderie n’a pas été facile. Elle raconte à Noovo Info avoir fait face à une réalité complètement différente des autres parents.
La famille a commencé à avoir des enjeux lorsqu’il a atteint le groupe des 18 mois.
«Il s’est mis à mordre, à être réactif, il s’est mis à frapper», raconte Mme Lafrance.
Le CPE l’aurait alors rencontré pour demander aux parents que le jeune garçon soit évalué par une psychoéducatrice puisque ses comportements étaient nombreux et affectaient l’ensemble du groupe.
Elle raconte avoir eu de la chance que la directrice adjointe du CPE, Mélanie Delorme, ainsi que la technicienne en éducation spécialisée (TES) ne l’ont «pas lâché» pour trouver le problème.
«On avait le diagnostic de cécité, ça, je l’ai eu à peu près à 18 mois. Mais l’impact de la cécité sur ces comportements? Moi, mon fils, parfois il rentre dans le jeu du monde, mais est ce qu’il rentre parce qu’il veut déranger ou parce qu’il y a un besoin de voir?» questionne la mère de famille.
Mme Delorme déplore d’ailleurs le manque de ressources pour les CPE.
«Quand les enfants rentrent à l’école, il y a une équipe-école avec une éducatrice spécialisée, des psychoéducatrices, des orthophonistes. Moi, je n’en ai pas d’équipe-école et j’en ai autant besoin», indique-t-elle.
«C’est comme si les enfants commençaient leur vie à l’école et qu’entre zéro et cinq ans, il se passe rien.»
— Mélanie Delorme, directrice adjointe du CPE Les lutins du boulevardd
Partout au Québec, les parents doivent faire preuve de détermination et de patience pour trouver une place en service de garde pour leurs enfants avec des besoins particuliers.
Il n’y a d’ailleurs pas de loi au Québec qui oblige un service de garde à accueillir un enfant qui présente des besoins de soutien particulier. Cependant, le refus ne peut pas être fait sur une base discriminatoire sur le handicap, soutient Mme Lizotte.
Voyez notre reportage dans la vidéo.

