Guerre en Iran, tensions en Arctique et investissements majeurs; alors que les yeux sont rivés sur l’armée canadienne, Noovo Info a assisté à une simulation militaire pour le 34e groupe-brigade du Canada.
Les bouchons d’oreilles sont nécessaires durant le tour des exercices que suivent les quelque 200 réservistes canadiens présents.
Tir de véhicules blindés, simulations de guerre urbaines et tir de mortiers sont aux cœurs de ce camp d’entraînement intensif d’une semaine pour ces soldats qui travaillent à temps partiel.

«C’est une semaine super intéressante, c’est sûr qu’il y a des moments plus difficiles quand on dort dans une tente dans le froid, mais on les a tous surmontés», raconte le caporal Ion. Le jeune ingénieur passe ses mardis soirs, fin de semaine et une partie de l’été à se pratiquer pour la réserve de l’armée.
Il fait partie des milliers de soldats avec une carrière civile qui comblent leur temps libre avec une implication dans l’armée.
L’exercice militaire Xérus Guerrier s’est tenu durant la semaine de relâche au nord de l’Ontario à la base militaire de Petawawa. Les soldats de réserve ont passé cinq jours «en milieux austères», puis deux jours en «champs de tir dynamiques».

«Ce n’est pas une base à laquelle sont habitués les soldats», souligne Émile Bélanger, officier aux affaires publiques. Cet exercice annuel se déroule généralement à la base militaire de Valcartier.
«C’est important d’être dans un endroit non familier. On opère partout sur la planète et on ne sait pas nécessairement à quoi ressemble le terrain», illustre-t-il
Une ville de pratique
L’immense terrain de la base militaire de Petawawa possède une ville fantôme où sont faites des simulations urbaines. De faux ennemis doivent être capturés dans un contexte rempli d’effets sonores, de produits odorants et de fumées colorées.

«C’est excitant, le but c’est que ça soit immersif pour nous mettre dans une situation de combat», décrit William-Philippe Barriault, encore sous l’effet de l’adrénaline.
L’exercice scénarisé sert à simuler une avancée en territoire ennemi. En groupe d’environ dix, les soldats se pratiquent en entrant dans des bâtiments avec une bonne communication et en utilisant diverses grenades et fusils d’assauts (avec des balles à blanc).
Le caporal-chef au régiment de Maisonneuve en est à sa septième année dans l’armée. Aussi étudiant en sciences politiques à Concordia, il prend à cœur sa mission de réserviste. Questionné sur les tensions politiques et la possibilité d’un déploiement au Moyen-Orient, le jeune soldat se dit prêt à «supporter l’autorité légale, peu importe ce qui se passe».
La simulation culmine après quatre jours avec une grande attaque finale. Les soldats ont ensuite un peu de répit avec de la pratique au tir et de la maintenance de leurs connaissances de spécialisation.
Une meilleure acceptabilité sociale
«On sent un changement palpable depuis les deux dernières années», soutient David Shane, alors que des tirs de mortiers et de fusils résonnent derrière lui.

Le commandant des quelque 2500 réservistes de la grande région de Montréal pense que la vision de l’armée s’améliore au Québec: «De plus en plus de gens nous remercient pour notre travail», assure celui qui est également à la tête du service des communications du Service de police de la Ville de Montréal.
Ce changement parait entre autres dans le recrutement, en hausse partout au pays. Les investissements majeurs des cinq prochaines années devraient aussi changer le rôle de la réserve canadienne.
«Les réservistes deviendront les premiers répondants pour les crises au sein du Canada», assure le commandant. Une modernisation de la réserve qui permettra aux soldats réguliers d’être priorisés pour les missions internationales.
«Certains systèmes méritaient d’être modernisés et renouvelés», affirme David Shane qui admet aussi qu’il pourrait y avoir plus de réservistes.
Tirs de zones et de précision

Une grande étendue de plusieurs kilomètres permet à des véhicules blindés et à l’artillerie lourde de tirer sur des cibles.
«Ça peut aller jusqu’à 5 kilomètres» explique le bombardier, chef Puglia, en démonstration de tir de mortiers.

Deux mortiers côte à côte opérés par plusieurs soldats tirent dans une zone éloignée pour simuler une opération d’attaque sur une grande zone ennemie.
Des soldats pratiquent aussi au tir à pigeon avec des disques pour simuler les drones de plus en plus présents dans les conflits modernes.
Les réservistes peuvent ainsi choisir de se spécialiser dans disciplines au sein de l’armée: artilleries, véhicules ou technique d’infanterie.
