Les astronautes qui ont captivé le monde entier avec leur voyage vers la face cachée de la Lune le mois dernier ont déclaré mercredi que la mission avait démontré ce que les individus, et les nations, peuvent accomplir lorsqu’ils travaillent ensemble.
Le Canadien Jeremy Hansen et ses coéquipiers d’Artemis II ont un programme chargé dans la capitale, qui a débuté par une rencontre matinale avec le premier ministre Mark Carney dans son bureau.
Pendant leur mission de dix jours, Jeremy Hansen, Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch se sont aventurés plus loin dans l’espace que quiconque avant eux. Ils ont effectué un survol de la Lune, sans s’y poser, puis sont rentrés sur Terre.
«Je crois que ce que nous savons tous, en tant qu’êtres humains, c’est que nous sommes plus forts ensemble. Nous le savons. Nous nous sentons plus forts et plus épanouis lorsque nous nous entraidons, lorsque nous créons ensemble. Et cela a tendance à se perdre dans la société actuelle», a répondu M. Hansen lors d’une séance de questions-réponses avec l’équipage au Centre national des Arts.
«On critique sévèrement les gens qui font des erreurs. On les effraie. On instrumentalise la peur, et cette visite n’était qu’une confirmation que tout le monde sait que c’est vrai. Nous sommes plus forts ensemble, nous sommes plus forts quand nous créons», a-t-il ajouté.
L’astronaute de l’Agence spatiale canadienne Jenni Gibbons, qui faisait partie de l’équipe du Centre de contrôle de mission de la NASA à Houston pendant Artemis II, participe aussi à la visite à Ottawa. M. Gibbons était la doublure de M. Hansen si un imprévu l’empêchait de rejoindre la mission lunaire.
«Ce qui nous a beaucoup marqués, c’est que cette mission nous a permis de partager une expérience humaine et que nous avons tous pu nous y identifier, a commenté Mme Gibbons. Il s’agit d’expérience humaine et de connexion, et je pense que cela nous a permis de tisser des liens avec beaucoup de gens à travers le monde.»
Cette mission était menée par la NASA en collaboration avec l’Agence spatiale canadienne. L’équipage avait été sélectionné il y a trois ans et s’entraînait depuis.
Bien que les relations canado-américaines soient fortement tendues par la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump et ses appels à l’annexion du Canada, M. Wiseman a souligné que cette mission démontrait ce qui peut être accompli lorsque les deux nations travaillent ensemble.
«Les États-Unis permettent aux autres de se joindre à eux, surtout dans le domaine spatial — et plus que jamais dans le domaine spatial en ce moment, a commenté M. Wiseman, provoquant les rires de l’assistance au Centre national des Arts. Le Canada a énormément à offrir pour l’établissement d’une présence lunaire durable… Vous avez des régions de votre pays où vous devez intervenir pour assurer la survie de la population. Il faut y acheminer de la nourriture, des vêtements et des abris. Tout ce que vous faites ici, la façon dont vous prenez soin les uns des autres et dont vous nous soutenez, c’est exactement ce dont nous avons besoin pour établir une présence durable sur la surface lunaire. »
Remise de pièces commémoratives
Plus tôt dans la journée, M. Carney a déclaré que c’était un honneur d’accueillir l’équipage dans la capitale et qu’ils discuteraient de ce que le Canada peut apporter aux futures missions spatiales avec la NASA.
«Je suis en présence de la grandeur, du courage, d’une inspiration pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens», a-t-il dit en français.
«C’est le plus loin que l’humanité ne soit jamais allée dans l’espace, mais c’était un risque pris pour une bonne raison, un risque pris pour ouvrir la voie à des opportunités encore plus grandes. Nous aurons l’occasion d’en discuter», a affirmé M. Carney lors d’une allocution publique avant sa rencontre privée avec l’équipage.
«Artemis II n’est qu’une étape d’un voyage bien plus long pour nous, et, tout comme vous, nous sommes impatients de prendre part à la suite», a pour sa part déclaré M. Hansen.
«Quel honneur pour l’équipage d’Artemis II d’être ici au Canada», a-t-il ajouté en français.
La mission Artemis III est prévue pour l’année prochaine, avant la mission Artemis IV qui ramènera des astronautes sur la surface de la Lune en 2028.
M. Carney a remis aux membres de l’équipage des pièces commémoratives en argent sur lesquelles figure, d’un côté, l’image en couleur d’un astronaute et, de l’autre, celle du roi Charles. Il a également remis à M. Hansen le drapeau canadien qui flottait sur la tour de la Paix le jour où la capsule Artemis a amerri au large des côtes californiennes.
«C’est absolument extraordinaire», s’est exclamé M. Hansen, tandis que ses trois coéquipiers exprimaient leur émerveillement devant ce cadeau.
M. Hansen a remis au premier ministre un écusson du drapeau canadien encadré qui, a-t-il affirmé, se trouvait dans la capsule tout au long de la mission. L’écusson est placé sur une photo de la Terre prise depuis la face cachée de la Lune, sur laquelle figurent les signatures de chaque membre de l’équipage d’Artemis II.
L’équipage d’Artemis a participé à une séance de questions-réponses avec le public à la fin de l’événement au Centre national des Arts.
Avec de nombreux enfants déguisés en astronautes dans la salle, la question du parcours pour devenir astronaute a inévitablement été posée. Si les membres de l’équipage ont expliqué qu’il existe plusieurs voies pour accéder à l’espace, M. Hansen a insisté sur le fait que le plus important est de passer à l’action.
«Il faut agir… On ne peut pas se contenter d’y penser. On ne peut pas se contenter d’en rêver ni d’en parler aux autres. Il faut affronter ses peurs. Il faut se lancer et se dépasser», a déclaré M. Hansen.

