Planifier sa retraite fait partie de la norme, mais préparer sa vieillesse devrait être tout aussi important pour rester autonome et en santé le plus longtemps possible.
C’est ce qu’un médecin québécois propose, avec son livre Vieillir? C’est pas si pire et son programme de vigilance.
Sachant que le vieillissement de la population est inévitable et que les personnes aînées représentent 18 % de la population et 40 % des hospitalisations au Québec, le Dr Stéphane Lemire, interniste-gériatre et président-directeur général de la fondation AGES veut éduquer la population afin de repérer les signes d’un vieillissement accéléré ou simplement d’une personne qui vieillit mal.
«Quand un grand-papa commence à perdre la mémoire, il faut arrêter de se dire: “Ah ce n’est pas drôle de vieillir”. Il faut se dire: “Ce n’est pas le vieillissement normal, qu’est ce qu’on doit faire maintenant?”» explique-t-il.

«Il y a urgence d’agir, oui. Je suis rentré en médecine en 1995 et on parlait déjà du vieillissement de la population. C’est maintenant qu’il faut transformer notre façon de faire. Ce qui manque, c’est la connexion entre le quotidien des gens et des services», ajoute le Dr Lemire.
Il s’attaque à ce problème avec son programme de sentinelles en gériatrie sociale.
«On est implanté dans douze régions administratives du Québec. On a près de 25 équipes de gériatrie sociale à travers ces régions-là. Et avec tout ça, on touche un réseau de près de 8000 sentinelles en gériatrie sociale qui ont été formées», soutient Stéphanie Pilon, conseillère en développement de la fondation AGES.
Le programme continue de grandir et souhaite se rallier tous les acteurs, le communautaire et les établissements de santé.
«On offre la formation de manière synchrone ou en virtuel, gratuitement, à l’ensemble du public du Québec», mentionne Mme Pilon.
Selon le Dr Lemire, ce programme permet aux personnes qui accompagnent déjà les aînés d’être mieux outillées pour identifier les problèmes potentiels.
Déjà 8000 personnes ont été formées au Québec et depuis 2019, près de 71 000 personnes ont été repérées.
«L’idée du livre, c’est d’essayer de changer la perception des gens autour de la vieillesse, que ce n’est pas drôle vieillir», soutient le Dr Lemire.
En gériatrie sociale, on apprend justement à distinguer ce qui est normal de ce qui est préoccupant chez nos aînés. L’objectif est de rester autonome le plus longtemps possible.

