Selon une nouvelle étude de Statistique Canada, les risques de cancer du sein sont les plus élevés dans les régions rurales du Québec, de l’Ontario et des Prairies, ainsi que dans certains centres urbains comptant d’importantes populations immigrantes et racialisées.
En revanche, les taux sont les plus bas dans les régions nordiques et éloignées, où la population est plus jeune, ainsi que dans les grandes agglomérations telles que Montréal, Toronto et Vancouver.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
«Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes au Canada; on estime que 30 500 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein en 2024 et que 5500 femmes en mourront la même année», écrivent les auteurs de l’étude.
«Bien que l’incidence et la mortalité liées au cancer du sein aient diminué au cours de la dernière décennie, les estimations à l’échelle nationale masquent des variations sous-jacentes, notamment en fonction de l’âge, des caractéristiques socioéconomiques et de la géographie.»
L’étude, publiée mercredi par Statistique Canada, a révélé qu’entre 2010 et 2020, environ 140 cas de cancer du sein invasif pour 100 000 femmes ont été diagnostiqués chaque année, en moyenne, à l’échelle du Canada.
«Les taux d’incidence standardisés selon l’âge variaient d’une province et d’un territoire à l’autre», ont écrit les auteurs de l’étude.
«Ils étaient nettement plus élevés au Québec et en Alberta, et nettement plus faibles au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, en Saskatchewan, en Colombie-Britannique et au Nunavut, par rapport à l’Ontario.»
L’âge moyen au moment du diagnostic était de 62,7 ans, selon l’étude, et les trois quarts des cas ont été diagnostiqués aux stades I et II, bien que les taux d’incidence spécifiques à chaque stade aient varié selon la région.
Au cours de la période étudiée, le taux de mortalité par cancer du sein, standardisé selon l’âge, était de 28,3 femmes pour 100 000 par an, selon Statistique Canada.
Par rapport aux taux de mortalité en Ontario (27,8 pour 100 000), l’étude a révélé que cinq autres provinces affichaient des «taux statistiquement significativement plus élevés».
Ces provinces étaient Terre-Neuve-et-Labrador (31,5 pour 100 000), la Nouvelle-Écosse (31,6 pour 100 000), le Québec (30,1 pour 100 000), le Manitoba (29,3 pour 100 000) et la Saskatchewan (30,3 pour 100 000), selon l’étude.
«Le taux de mortalité standardisé selon l’âge le plus bas, toutes tailles de communautés confondues, concernait les communautés de 1 500 000 habitants ou plus (26,3 pour 100 000) : les communautés d’autres tailles présentaient des taux de mortalité statistiquement similaires», ont écrit les auteurs de l’étude.
«Il convient de noter que, alors que le taux d’incidence standardisé selon l’âge était le plus élevé dans les communautés comptant entre 500 000 et 1 499 999 habitants, le taux de mortalité standardisé selon l’âge pour ces communautés était comparable à celui des communautés plus petites.»
Ces données, ont conclu les auteurs, soulignent la nécessité de mettre en place des stratégies de prévention, de dépistage et de traitement plus ciblées et standardisées à travers le Canada.
Les chercheurs affirment qu’il est nécessaire «d’examiner de plus près les facteurs sociaux, économiques, démographiques et liés au système de santé au niveau local».
«Cette étude met en évidence d’importantes variations géographiques dans l’incidence et la mortalité du cancer du sein chez les femmes au Canada», ont-ils écrit.
«Bien que ces différences puissent simplement s’expliquer par les caractéristiques des habitants de ces régions, les résultats actuels indiquent que le lieu de résidence d’une personne peut avoir un impact important sur son risque de cancer.»

