Par le biais de son manifeste, l’auteur de la fusillade dans Côte-des-Neiges prônerait l’idéologie incel et tenterait de courtiser le plus d’hommes possible afin de les intégrer à ce mouvement issu du courant masculiniste.
Qu’est-ce le mouvement incel? Des experts ont répondu à la question.
Incel est tout d’abord une fusion des mots anglais involuntary celibate, signifiant célibataire involontaire. Les hommes qui adhèrent au mouvement rejettent leur manque de succès auprès des femmes sur la société moderne et les femmes elles-mêmes.
«Ils vont dire que les femmes vont être attirées par (les hommes riches et attirants) et que les autres hommes vont être discriminés», a expliqué la professeure associée en éducation à l’Université Concordia, Léa Clermont-Dion, en entrevue avec Noovo Info.

Dans son manifeste, l’auteur de la fusillade affirme que l’Occident est devenu une société «hypergame», une société où les femmes concentrent leur intérêt sur un petit nombre d’hommes considérés attirants. Selon les incel, cela veut dire que beaucoup d’hommes ordinaires se retrouvent isolés et sans partenaire.
Un objectif clair
L’auteur de la fusillade à Côte-des-Neiges a été identifié par le bureau du coroner comme étant Seth Scott Hatfield. Il avait 25 ans et venait de Lethbridge, en Alberta. Pour la psychiatre Cécile Rousseau, son objectif était clair: il voulait laisser un message.

«C’est un suicide par policiers», a-t-elle lancé. «Une personne va faire une attaque, mais en s’arrangeant de se faire tuer. Mais on veut qu’on parle de nous, on veut qu’on nous entende. On ne veut pas mourir pour rien, mais de vouloir mourir.»
Ces actes de violence causés par les «incel»
Ce n’est pas la première fois qu’un acte d’une telle violence est perpétré par le mouvement incel.
En 2018, l’attaque au camion-bélier de Toronto avait fait 11 victimes. Quatre ans plus tôt, un jeune homme de 22 ans a tué six personnes, à Isla Vista, en Californie.
Dans les deux cas, les tueurs ont été encensés par le mouvement incel. Pour l’auteur de la fusillade dans Côte-des-Neiges, un débat serait ouvert dans la manosphère.
«Ils sont en train de décider si le tueur était l’un des leurs, car il ne s’était pas autoproclamé incel dans son manifeste», soutient la doctorante en communication à l’UQAM et membre du Chantier de recherche sur l’antiféminisme, Océane Corbin. «Certains considèrent la tuerie ratée, car il a tué que des hommes et aucune femme.»

«(Dans ce manifeste), on voit qu’on tente de se détacher (des incel) pour rejoindre le plus de personnes pour les intégrer au mouvement.»
L’organisme Ville sans violence, qui vient en aide aux personnes touchées par la radicalisation, rapporte que les idées masculinistes représentent de 10% à 20% des appels.
Selon les métadonnées du document, le manifeste a été livré dans cette version le 8 juin dernier. On peut donc supposer que ça faisait quelques semaines déjà que le tueur planifiait la fusillade.
À voir dans la vidéo.

