Conflit au Moyen-Orient

Les bombardements israéliens ont fait 17 morts au Liban, dont 4 près de Beyrouth

Trois frappes de drones ont marqué une nouvelle escalade depuis l’entrée en vigueur, le 17 avril, du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.

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Security forces and emergency responders gather around a damaged vehicle at the scene of an Israeli airstrike that hit a car in the coastal town of Saadiyat, south of Beirut, Lebanon, Saturday, May 9, 2026. (AP Photo/Hassan Ammar) Les forces de sécurité et les services d'urgence se rassemblent autour d'un véhicule endommagé sur les lieux d'une frappe aérienne israélienne qui a touché une voiture dans la ville côtière de Saadiyat, au sud de Beyrouth, au Liban, le samedi 9 mai 2026. AP Photo (Hassan Ammar)

Trois frappes de drones israéliens contre des véhicules au sud de Beyrouth ont fait quatre morts, tandis qu’une série de frappes aériennes sur le sud du Liban a tué au moins treize personnes, ont indiqué les médias d’État et le ministère de la Santé.

Ces trois frappes de drones marquent une nouvelle escalade depuis l’entrée en vigueur, le 17 avril, du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Israël et le Hezbollah ont tous deux poursuivi leurs attaques quotidiennes malgré la trêve.

Mercredi soir, l’armée de l’air israélienne a mené une frappe aérienne sur la banlieue de Beyrouth au cours de laquelle Israël a déclaré avoir tué un haut responsable militaire du Hezbollah. Il s’agissait de la première frappe près de la capitale depuis la conclusion du cessez-le-feu.

Deux des frappes de samedi ont eu lieu sur l’autoroute reliant Beyrouth à la ville portuaire de Sidon, au sud, faisant plusieurs blessés, tandis que la troisième a eu lieu sur une route menant au district du Chouf, au Liban, tuant trois personnes, a indiqué l’Agence nationale d’information, gérée par l’État.

Un journaliste de l’Associated Press présent sur les lieux a vu un cadavre sur l’autoroute dans la ville de Saadiyat.

Le ministère de la Santé a déclaré qu’une frappe aérienne israélienne sur le village de Saksakiyé, dans le sud du pays, avait tué au moins sept personnes, dont un enfant, et en avait blessé 15. Le ministère a précisé qu’il s’agissait d’un premier bilan.

L’agence a fait état de frappes dans le sud du Liban, dont une sur le village de Bourj Rahal qui a fait trois morts et une autre à Maifadoun qui a fait un mort.

Le ministère de la Santé a quant à lui déclaré que trois frappes de drones israéliens avaient tué un Syrien qui circulait à moto avec sa fille de 12 ans dans la ville de Nabatiyé.

Le ministère a précisé qu’après la première frappe, l’homme et sa fille avaient réussi à s’éloigner, mais qu’ils avaient été immédiatement attaqués à nouveau par le drone, tuant l’homme sur le coup. La fillette s’était alors éloignée d’environ 100 mètres et avait été touchée une nouvelle fois par le drone alors qu’elle était déjà blessée. Elle est décédée plus tard à l’hôpital, a indiqué la NNA.

«Le ministère de la Santé publique dénonce cette attaque barbare et la violence délibérée contre les civils et les enfants au Liban», a déclaré le ministère dans son communiqué, ajoutant que cette frappe s’inscrit dans une série continue «de graves violations du droit international humanitaire».

L’armée israélienne s’est défendue en affirmant que le Hezbollah avait tiré des drones explosifs en direction d’Israël près de la frontière avec le Liban, ajoutant que trois soldats avaient été blessés, dont un gravement, lors de l’une de ces attaques. Elle a ajouté que le Hezbollah avait également tiré des drones à l’intérieur du Liban, dont l’un a touché un véhicule israélien sans faire de victimes.

Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques à l’intérieur du Liban ainsi que le tir d’un drone sur un poste militaire israélien dans la ville de Misgav Am, au nord du pays.

La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah a débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël, deux jours après que les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre le principal soutien du Hezbollah, l’Iran. Depuis, Israël a mené des centaines de frappes aériennes et lancé une invasion terrestre du sud du Liban, s’emparant de dizaines de villes et de villages le long de la frontière.

Par la suite, le Liban et Israël ont tenu leurs premiers pourparlers directs depuis plus de trois décennies. Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis la création de l’État d’Israël en 1948.

Une nouvelle série de pourparlers doit se tenir à Washington pendant deux jours à partir de jeudi.

Un cessez-le-feu de dix jours déclaré à Washington est entré en vigueur le 17 avril. Il a ensuite été prolongé de trois semaines.

À Damas, la capitale syrienne, le premier ministre libanais Nawaf Salam s’est entretenu samedi avec le président par intérim syrien Ahmad al-Sharaa. Ils ont discuté du renforcement des relations entre les deux pays voisins et de l’intensification de la coopération en matière de sécurité dans un contexte de guerres régionales.

S’adressant aux journalistes avant de rentrer chez lui, M. Salam a déclaré que le Liban ne serait plus utilisé pour nuire à «nos frères arabes, en premier lieu la Syrie». M. Salam faisait indirectement référence à l’implication du Hezbollah dans la guerre civile syrienne qui a éclaté en 2011, en soutenant le régime de la famille Assad, au pouvoir depuis cinq décennies, qui a pris fin en décembre 2024.