En pleine guerre en Iran, le Pentagone a annoncé le départ du chef d’état-major de l’armée de terre américaine, le général Randy George, un limogeage qui allonge la liste des hauts gradés écartés par l’administration Trump depuis un an.
Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du général George, a fait savoir un responsable américain sous couvert d’anonymat jeudi.
Ce très haut gradé «va quitter ses fonctions de 41e chef d’état-major de l’armée de terre, avec effet immédiat», a écrit peu après sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, en lui souhaitant «une belle retraite.»
M. Parnell n’a pas donné la raison de ce départ soudain.
CBS News, qui a révélé l’information, a cité un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaitait nommer à sa place quelqu’un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l’armée de terre.
Le nom du général Christopher LaNeve tient la corde pour succéder à Randy George, dans les médias américains vendredi.
Le général LaNeve, chef d’état-major adjoint de l’armée depuis janvier, assume dans l’immédiat la fonction de chef d’état-major par intérim, rapportent CBS et plusieurs autres médias, notamment CNN et le New York Times.
Dans un message sur la plateforme X en janvier, Pete Hegseth avait qualifié le général LaNeve de «chef d’exception pour toute une génération», forgé à «l’épreuve du combat» et doté de «plusieurs décennies d’expérience opérationnelle».
Purge chez les hauts gradés
Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé chef d’état-major de l’armée de terre en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.
Sa retraite constitue un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l’armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025.
Le président américain avait, sans explication, limogé en février 2025 Charles «CQ» Brown, le chef d’état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.
Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l’agence d’espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.
Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l’entraînement de l’armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont aussi été mis à l’écart en même temps que le général George.
Pete Hegseth, à la tête d’un ministère qu’il a renommé «ministère de la Guerre», a assuré qu’il choisissait tout simplement les chefs qu’il veut pour diriger l’armée au plus grand budget du monde.
Des parlementaires de l’opposition démocrate se sont inquiétés d’une potentielle politisation de l’armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l’appareil d’État américain.
Pete Hegseth a aussi décidé l’an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l’ensemble de l’armée.
