Les États du Golfe ont signalé dimanche de nouvelles attaques à la roquette et par drone après que l’Iran eut menacé d’étendre son offensive et appelé à l’évacuation de trois grands ports des Émirats arabes unis, alors que la guerre au Moyen-Orient, qui en est désormais à sa troisième semaine, continue de s’étendre.
Israël et les États-Unis ont lancé l’attaque contre l’Iran le 28 février, affirmant qu’ils frappaient des sites nucléaires et militaires, encourageant le peuple iranien à se soulever contre ses dirigeants. L’Iran a riposté par des attaques contre Israël et les pays voisins du golfe Persique.
L’armée israélienne a annoncé dimanche avoir “il y a peu de temps” lancé “une vaste vague” de frappes contre des infrastructures" iraniennes dans l’ouest du pays, au 16ème jour de son offensive menée conjointement avec les Etats-Unis contre la République islamique.
De son côté, l’Iran met en garde contre toute action pouvant étendre la guerre. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a exhorté dimanche les autres nations à “s’abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit”, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, et après un appel à la rescousse de Donald Trump pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
Cette guerre, qui ne semble pas près de s’achever, a bouleversé le trafic aérien mondial, perturbé les exportations de pétrole de la région et fait grimper les prix du carburant à travers le monde.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il espérait que les pays dépendants des exportations de pétrole et de gaz enverraient des navires de guerre pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Aucun n’avait pris d’engagement ferme dimanche, bien que certains aient indiqué qu’ils envisageaient d’agir.
Le Bahreïn, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont informé dimanche leurs populations qu’ils s’efforçaient d’intercepter les projectiles entrant, au lendemain de la menace proférée par l’Iran contre trois ports émiratis, une première contre des installations non américaines d’un pays voisin.
L’Iran avait auparavant accusé les États-Unis d’avoir lancé vendredi des frappes contre l’île de Kharg depuis les Émirats arabes unis, sans fournir de preuves. Les Émirats arabes unis et d’autres pays du Golfe qui abritent des bases américaines ont nié avoir autorisé l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour des opérations militaires contre l’Iran, y compris en direction de l’île, qui abrite le principal terminal pétrolier iranien.
Depuis le début de la guerre, les frappes iraniennes ont tué au moins une douzaine de civils dans les États du Golfe, pour la plupart des travailleurs migrants. En Iran, le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué que plus de 1300 personnes avaient été tuées à ce jour. Le ministère iranien de la Santé souligne que 223 femmes et 202 enfants figurent parmi les victimes, selon Mizan, l’agence de presse officielle du pouvoir judiciaire.
En Israël, 12 personnes ont été tuées par des tirs de missiles iraniens depuis le début de la guerre. D’autres ont été blessées, dont trois dimanche. Au moins 13 membres de l’armée américaine ont également été tués depuis le début de la guerre; six d’entre eux sont morts dans un accident d’avion en Irak la semaine dernière.
Par ailleurs, la crise humanitaire au Liban s’est aggravée, avec plus de 820 personnes tuées dans ce pays, selon le ministère de la Santé, et 850 000 personnes déplacées depuis que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a commencé à frapper Israël, qui a riposté par des frappes et envoyé des troupes supplémentaires dans le sud du Liban.
Alors que l’inquiétude mondiale monte face aux prix et à l’approvisionnement en pétrole, le président américain Donald Trump a déclaré samedi qu’il espérait que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres pays enverraient des navires de guerre pour maintenir le détroit d’Ormuz «ouvert et sûr». Ces pays dépendent davantage que les États-Unis du pétrole et du gaz qui transitent par le détroit.
«Nous examinons de près avec nos alliés ce qui peut être fait, car il est essentiel que le détroit soit rouvert», a déclaré le ministre britannique de l’Énergie, Ed Miliband, à Sky News, ajoutant que «mettre fin à ce conflit est le moyen le meilleur et le plus sûr de rouvrir le détroit».
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré qu’il coordonnerait étroitement ses efforts avec Washington et examinerait la proposition de M. Trump.
Frappes nocturnes en banlieue de Beyrouth
Du béton effondré, des barres d’armature à nu et des bâches en plastique jonchaient les rues de la périphérie de la capitale libanaise, tandis que la fumée s’élevait dans les airs et que des incendies couvaient.
«L’important, c’est que les routes restent ouvertes pour les hôpitaux et pour les gens», a déclaré Hachem Fadlallah, conducteur de pelleteuse, après avoir passé la matinée à déblayer les rues de Haret Hreik, l’une des banlieues sud de Beyrouth.
Il n’y avait pratiquement personne d’autre en vue. En seulement 10 jours, plus de 800 000 personnes — près d’un habitant sur sept au Liban — ont été déplacées, un peu plus d’un an après le dernier conflit qui avait déraciné plus d’un million de Libanais de leurs foyers.
L’Iran a tiré dimanche une salve de missiles en direction d’Israël, poussant les habitants à se précipiter vers les abris alors que les sirènes retentissaient et que plusieurs frappes touchaient le centre d’Israël et la région de Tel-Aviv.
Le service de secours israélien Magen David Adom a diffusé une vidéo montrant un grand cratère dans une rue et des dégâts causés par des éclats d’obus sur un immeuble d’habitation.
Les frappes dans la région de Tel-Aviv ont causé des dégâts sur 23 sites et provoqué un petit incendie dimanche.
Les impacts sur plusieurs sites sont devenus une caractéristique de cette guerre, l’armée israélienne affirmant que l’Iran tire des bombes à fragmentation capables de contourner certaines défenses aériennes et de disperser des sous-munitions sur plusieurs endroits.
