Économie

Fin des cartes de crédit «conjointes»: Desjardins fait marche arrière

À la suite des plaintes de ses membres...

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Fin des cartes de crédit «conjointes»: Desjardins fait marche arrière Face aux préoccupations exprimées par ses membres, Desjardins fait marche arrière: la coopérative a décidé de reporter la disparition des cartes de crédit en codétention.

Face aux préoccupations exprimées par ses membres, Desjardins fait marche arrière: la coopérative a décidé de reporter la disparition des cartes de crédit en codétention.

Le Mouvement Desjardins avait précédemment annoncé une «modernisation du système de gestion des cartes de crédit», incluant notamment la fin de ses «cartes conjointes» à compter du 10 juin prochain. Or, plusieurs membres Desjardins ont partagé leur mécontentement.

«Le Mouvement Desjardins reporte l’implantation de son nouveau système de gestion de cartes de crédit afin de répondre plus efficacement aux préoccupations exprimées par ses membres et clients et bonifier son accompagnement. Les cartes de crédit, incluant celles détenues en codétention, demeureront pleinement fonctionnelles et les détenteurs pourront continuer à les utiliser comme à l’habitude», a indiqué le Mouvement Desjardins lundi par voie de communiqué.

La nouvelle date de la fin des cartes en codétention n’a pas été dévoilée.

«Nous allons prendre le temps nécessaire pour nous assurer que les changements répondent aux préoccupations exprimées», a déclaré le porte-parole de Desjardins, Jean-Benoît Turcotti. «Les membres et clients seront informés des changements et accompagnés dans ceux-ci lorsque nous les ferons.»

Le Mouvement Desjardins admet que les changements liés à la modernisation du système de gestion des cartes de crédit ont causé plusieurs problèmes et «suscité de l’insatisfaction chez plusieurs détenteurs».

Au cours des prochaines semaines, Desjardins garantit une analyse des préoccupations de ses membres, une évaluation des améliorations possibles à l’expérience de gestions des cartes de crédit et un meilleur accompagnement auprès des clients concernés.

«Le projet de transition vers un nouveau système de gestion des cartes de crédit vise à prévenir la désuétude et à assurer la performance à long terme du système de gestion», assure le Mouvement Desjardins. «Il mettra en place les fondations technologiques nécessaires pour soutenir, dans les prochaines années, de nouvelles fonctionnalités qui ne sont pas possibles avec le système actuel.»

On promet d’offrir la possibilité de contester une transaction de façon autonome dans la plateforme AccèsD ou d’ajouter immédiatement une carte à son portefeuille numérique.

Selon M. Turcotti, le nombre de comptes de cartes de crédit détenues en codétention chez Desjardins représente un peu plus de 10 % de l’ensemble des comptes.

Des changements «préoccupants»

La disparition des cartes de crédit en codention, comme le propose Desjardins, soulève certaines préoccupations, notamment chez Johanne Le Blanc, conseillère budgétaire chez Option consommateur.

«Si on se retrouve dans un couple où il y a des situations d’abus, d’une part ou de l’autre, ça change la donne», a-t-elle confié à Noovo Info.

Mme Le Blanc estime que les couples qui se sont dotés d’une carte de crédit en codétention avec un partage solidaire de la dette l’ont fait en connaissance de cause et doute que ce soit une bonne chose de leur imposer un autre système de gestion des finances sans les consulter.

«Ici, on se retrouve dans une situation où des gens ont choisi un outil de gestion, avec des règles, et là, de manière unilatérale, ils se retrouvent avec un autre outil de gestion avec des règles différentes. Il y a un impact pour la gestion des finances pour le couple», a-t-elle partagé.

Johanne Le Blanc remet aussi en doute le mode de sélection du détenteur principal, celui qui va assumer la responsabilité de la dette.

«Ce n’est pas quelque chose qui va faire l’objet d’une discussion au sein du couple, ce n’est pas un choix, on l’impose. Ça se peut que ce ne soit pas le choix que le couple aurait fait», a-t-elle déploré.

La conseillère budgétaire au sein d’Option consommateur croit aussi que la nouvelle méthode de Desjardins face au crédit conjoint donne beaucoup de pouvoir au détenteur principal.

«D’une part c’est son dossier de crédit qui va en bénéficier – si la dette est bien gérée – mais il va avoir surtout le contrôle de l’information. C’est cette personne qui va décider ce que le détenteur secondaire peut voir comme information», a-t-elle souligné.

Johanne Le Blanc craint également que certains consommateurs ne prennent pas le temps de bien lire les communications de Desjardins sur le sujet.

«Ils vont se retrouver avec un nouveau produit sans en être conscients», a-t-elle affirmé.

Avec de l’information de Jennifer Gravel pour Noovo Info