Économie

Des remboursements d’impôt trop élevés? Il faudrait revoir votre stratégie fiscale

Un remboursement n’est pas une prime, prévient un expert en finances.

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Le siège de l'Agence du revenu du Canada (ARC) à Ottawa, photographié le lundi 17 août 2020. Le siège de l'Agence du revenu du Canada (ARC) à Ottawa, photographié le lundi 17 août 2020. (Sean Kilpatrick)

Si vous avez reçu un important remboursement d’impôt l’année dernière, vous vous en êtes sans doute réjoui. C’est le cas de la plupart des gens. Mais voilà le problème: un remboursement n’est pas une prime. Cela signifie que vous avez versé trop d’argent au gouvernement tout au long de l’année et qu’il vous rend simplement votre argent, sans intérêts.

L’année dernière, l’ARC a versé plus de 45 milliards de dollars de remboursements aux contribuables. Ce sont des milliards de dollars rendus aux Canadiens qui, en substance, ont accordé au gouvernement un prêt sans intérêt. Un expert en finances ne dit pas que les remboursements sont une mauvaise chose, mais un remboursement systématiquement élevé est le signe que votre stratégie fiscale doit être revue.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Ci-dessous, un expert en finances vous présente cinq façons dont les Canadiens paient discrètement trop d’impôts et comment remédier à chacune d’entre elles avant que cela ne vous coûte une autre année.

1. Le coût réel de ne pas utiliser vos comptes enregistrés

C’est l’erreur la plus courante qu’il a constaté, et de loin. Les Canadiens ont accès à certains des meilleurs comptes à l’abri de l’impôt au monde, et la plupart des gens ne les utilisent pas à leur plein potentiel.

En ce qui concerne les REER, la plus grande erreur que l’expert en finances constate est de cotiser pendant les années où les revenus sont faibles, alors que la déduction a moins de valeur.

Quant aux CELI, on les traite comme une réserve d’argent d’urgence au lieu de les utiliser pour investir dans une croissance à long terme exonérée d’impôt. Et le Compte d’épargne pour l’achat d’une première maison passe encore totalement inaperçu, alors qu’il vous offre une déduction immédiate et des retraits exonérés d’impôt lorsque vous achetez une maison admissible.

Chaque dollar qui repose sur un compte d’épargne ordinaire et qui rapporte des intérêts imposables est un dollar qui pourrait fructifier à l’abri de l’impôt ou avec un report d’impôt. Si vous n’avez pas cotisé à votre CELI ou à votre REER, cela devrait être votre priorité numéro un. Comme il l’a récemment écrit sur CTV News, ces comptes constituent systématiquement la plus grande opportunité que les Canadiens laissent passer.

2. Placez les bons placements dans les bons comptes

Utiliser des comptes enregistrés est la première étape. La deuxième étape consiste à vous assurer que vous détenez les bons actifs dans chacun d’eux. C’est ce qu’on appelle la répartition des actifs, et cela peut vous faire économiser des milliers de dollars au fil du temps.

Les revenus d’intérêts, comme ceux que vous tirez des CPG ou des obligations, sont imposés à votre taux marginal plein. C’est le pire traitement fiscal possible. Ces placements ont donc leur place dans votre REER, où l’impôt est différé.

Les actions canadiennes versant des dividendes, en revanche, bénéficient d’un traitement favorable grâce au crédit d’impôt pour dividendes, ce qui les rend plus avantageuses dans un compte non enregistré. Quant aux placements axés sur la croissance qui génèrent des gains en capital ou aucun revenu, ils sont parfaits pour un CELI, où les gains sont entièrement exonérés d’impôt.

3. Ne négligez pas le fractionnement du revenu de pension

Si vous êtes à la retraite ou approchez de la retraite, le fractionnement du revenu de pension est l’un des outils les plus puissants à votre disposition, et de nombreux couples ne l’utilisent pas. Vous pouvez attribuer jusqu’à 50 % du revenu de pension admissible à votre conjoint ou conjoint de fait ayant le revenu le plus faible en joignant le formulaire T1032 à votre déclaration.

Cela peut faire passer le conjoint ayant le revenu le plus élevé dans une tranche d’imposition inférieure et réduire la facture fiscale globale du ménage. Cela peut également aider à éviter ou à réduire la récupération de la Sécurité de la vieillesse, qui s’applique lorsque le revenu net dépasse un certain montant. Des couples ont économisé des milliers de dollars par an grâce à cette seule mesure.

4. Ajustez vos retenues d’impôt à la source

Si vous obtenez régulièrement un remboursement important, il est peut-être temps de demander à votre employeur de réduire l’impôt prélevé sur votre salaire. Pour ce faire, vous pouvez remplir le formulaire T1213 auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC) et demander une réduction des retenues en fonction des déductions que vous savez pouvoir demander, telles que les cotisations à un REER, les frais de garde d’enfants ou les frais professionnels.

Une fois votre demande approuvée, l’ARC autorisera votre employeur à prélever moins d’impôt. Cela signifie plus d’argent dans votre poche à chaque paie, au lieu d’attendre 12 mois pour un remboursement. C’est votre argent. Vous devriez l’utiliser tout au long de l’année, et non le prêter au gouvernement.

5. Vérifiez vos déclarations antérieures

Une enquête menée par H&R Block Canada a révélé que 65% des Canadiens ignoraient qu’ils pouvaient modifier leurs déclarations antérieures pour demander des crédits et des déductions non réclamés. Grâce à son service Second Look, H&R Block a identifié des avantages non réclamés pour environ la moitié des déclarations examinées, soit en moyenne 2900$ par personne, ce qui représente une somme non négligeable.

Vous pouvez demander des ajustements remontant jusqu’à 10 ans en arrière via le portail «Mon dossier» de l’ARC. Parmi les omissions courantes, on trouve les frais médicaux, le crédit d’impôt pour personnes handicapées, la Prestation canadienne pour les travailleurs et les déductions pour frais de garde d’enfants. L’expert a abordé cinq des crédits les plus souvent négligés dans un récent article de CTV News, et cela vaut la peine de le lire si vous n’avez pas encore examiné vos déclarations antérieures.

Conclusion

Payer moins d’impôts ne consiste pas à trouver des failles. Il s’agit d’utiliser les outils que le système met déjà à votre disposition : comptes enregistrés, fractionnement du revenu, placement judicieux des actifs, et de vous assurer que vous réclamez tout ce à quoi vous avez droit. La date limite du 30 avril est dans un mois. Prenez le temps dès maintenant de vous assurer que vous ne passez pas à côté d’argent.

Christopher Liew est CFP®, CFA et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en matière de finances personnelles pour des milliers de lecteurs canadiens quotidiens sur Blueprint Financial.