Grâce au beau temps, les marchés publics de Montréal étaient bondés samedi. À l’approche de la Fête des Mères, les étals de fleurs du marché Jean-Talon et de toute la ville bourdent d’activité.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Cependant, cette année, la flambée des prix du carburant grignote considérablement leurs profits.
Après un long hiver et un début de printemps glacial, Luigi Bono, du Jardin Chez Michel, espère que ce week-end marquera le coup d’envoi de sa saison.
«Je pense qu’il est très important que tout le monde s’occupe de son jardin», a-t-il affirmé. «[Cela] permet de garder le cœur en bonne santé et de se sentir bien.»
L’entreprise familiale est installée dans l’emblématique marché de Montréal depuis 50 ans, mais il affirme que cette année, les coûts n’ont jamais été aussi élevés.
«Les prix des semences, des engrais [et] des frais de transport ont beaucoup augmenté», a souligné M. Bono.
«Nous utilisons aussi des machines, donc le prix de l’huile, de l’essence et du diesel a beaucoup augmenté.»
— Luigi Bono, copropriétaire du Jardin chez Michel
Comme beaucoup d’autres petites entreprises au Québec, M. Bono a décidé de ne pas répercuter ces coûts sur ses clients.
«Nous nous battons contre des géants – Walmart, Costco – toutes ces grandes sociétés vendent des fleurs», a-t-il soutenu. «C’est là que nous devons encaisser les coups.»
François Vincent, vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) au Québec, a exprimé que la résilience des petites entreprises ne peut pas durer éternellement.
Selon la FCEI, plus de la moitié des petites entreprises québécoises considèrent la hausse des coûts du carburant comme une préoccupation majeure, et les deux tiers affirment qu’elles n’ont d’autre choix que d’absorber ces coûts et de réduire leurs bénéfices.
«Plus l’entreprise est petite, plus l’impact d’une augmentation des prix sera dur», a indiqué M. Vincent.
Au marché Atwater, la situation est similaire.
«Nous devons ajuster les prix et, par conséquent, les clients ne sont pas toujours ravis», a dit Mathieu Létourneau, de la Ferme Fernand Théorêt. «Certains le comprennent. D’autres non. C’est certain que cela a un impact sur les ventes.»
M. Letourneau précise que les prix du carburant sont une chose, mais que son plus gros coût est la location du kiosque, et il demande à la ville de lui accorder un allègement.
Les coûts élevés ne touchent pas seulement les agriculteurs. Certains jardiniers amateurs se demandent également si cela en vaut la peine cette année.
M. Bono a toutefois un message simple.
«N’ayez pas peur, car nous n’avons pas augmenté nos prix et les gens doivent faire ce qui leur fait du bien», a-t-il affirmé.

