Économie

Rio Tinto a réussi à refiler la facture des droits de douane sur l’aluminium

L’entreprise a été en mesure de refiler la hausse des coûts au consommateur.

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061a5f51475bec05f536772d18a1320f323c1a8f84e48a204d371e4a17eedfc8.jpg Le Complexe de Jonquière de Rio Tinto à Saguenay, le 5 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot (LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot)

Au bout du compte, ce sont les consommateurs qui vont payer pour les droits de douane de 50 % imposés sur l’aluminium produit au Québec. Le patron de Rio Tinto a dit que la société australienne était parvenue à protéger ses marges.

«Nous avons beaucoup appris au cours des six derniers mois et nous sommes arrivés à la conclusion que nous pouvons gérer la situation pour l’aluminium», a affirmé son président et chef de la direction sortant, Jakob Stausholm, lors d’une conférence téléphonique, mercredi, pour discuter des résultats de la mi-année.

«Je crois que c’est davantage le consommateur qui va devoir payer. Nous avons été capables de passer les choses (les coûts)», a ajouté le dirigeant. 

Les entreprises américaines dépendent du Canada pour répondre à leurs besoins en aluminium. Les États-Unis n’ont produit que 670 000 tonnes d’aluminium en 2024. Le Canada a envoyé près de 2,9 millions de tonnes aux États-Unis, soit 70 % des importations américaines. 

Le géant minier a même identifié l’aluminium et le cuivre comme des segments qui ont compensé la faiblesse du prix du minerai de fer, tandis qu’il a publié son pire résultat pour un premier semestre depuis 2020. 

Malgré la complexité liée aux droits de douane, M. Stausholm a mentionné que le retour sur l’investissement dans le segment de l’aluminium avait doublé. 

L’administration Trump a imposé, en mars, des droits de douane de 25 % sur les importations d’aluminium. Ils ont, par la suite, été haussés à 50 % au début du mois de juin. 

Le dirigeant a concédé qu’il n’aimait pas les droits de douane imposés par l’administration Trump, mais il n’a pas souhaité en faire une critique frontale. «C’est un enjeu entre nations. (…) Ce n’est pas notre place de faire de grandes déclarations alentour de ça.»

Son homologue chez Alcoa, William Oplinger, a été plus critique la semaine dernière, affirmant que Washington faisait fausse route. «Chaque travailleur de l’aluminium au Canada supporte environ 12 à 13 emplois en aval (transformation) aux États-Unis», avait-il avancé.

Dans l’industrie de l’aluminium primaire, Rio Tinto a cinq installations au Québec, selon son site web. La multinationale a aussi une participation minoritaire dans deux autres installations. 

Dans le secteur de l’aluminium primaire, la multinationale a également des installations en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Oman. 

Ses usines au Québec sont responsables d’environ 45 % de sa production mondiale d’aluminium au premier semestre, selon ses données de production. En incluant son usine en Colombie-Britannique, la part canadienne avoisine les 57 %. 

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste