Conflit au Moyen-Orient

Faut-il s’inquiéter d’une pénurie d’hélium?

Ce gaz utilisé dans le secteur médical, en informatique et en recherche pourrait se voir plus rare si la situation ne se stabilise pas – comme quoi l’instabilité au Moyen-Orient n’affecte pas que le pétrole.

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Bonbonnes reliées L'hélium est utilisé dans divers secteurs dont celui médical, l'aérospatial, la recherche et les puces électroniques. (Yuriy Nedopekin/Envato)

L’instabilité au Moyen-Orient n’affecte pas que le pétrole. L’hélium, utilisé dans le secteur médical, en informatique et en recherche pourrait se voir plus rare si la situation ne se stabilise pas.

Selon le New York Times, le tiers de l’hélium mondial est coincé dans le détroit d’Ormuz. Bien qu’un cessez-le-feu a été déclaré mercredi, les tensions affectent aussi les pays producteurs.

Parmi les grands joueurs, le Qatar produit depuis quelques années de l’hélium. Ses infrastructures ont toutefois étées touchées par des missiles iraniens à la mi-mars.

Résultat, l’autorité sanitaire de la Saskatchewan a dénoncé une réduction de moitié de la disponibilité de l’hélium. Le gaz est nécessaire entre autres pour les machines d’imageries à résonnances magnétiques (IRM).

Utilités multiples

«L’hélium est le meilleur gaz inerte pour tellement d’applications industrielles ou médicales», explique Daniele Pinti, professeur au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Dans son laboratoire des gaz rares de Montréal, l’expert rappelle qu’une fois compressé, l’hélium a d’excellentes caractéristiques pour la cryogénisation. «On parle d’un froid près du zéro absolu; on est entre -270°C et -271 °C». La température la plus basse possible est de -273,15 degrés Celsius.

Cette chambre froide permet ainsi de réduire la chaleur émise par les champs magnétiques des IRM ou encore de faire de la recherche sur la supraconductivité des aimants.

Puces électroniques

D’autres grands consommateurs d’hélium sont les fabricants de puces électroniques. «Il faut un environnement complètement inerte», souligne Daniele Pinti.

Avec la montée de l’intelligence artificielle, la demande pour cette technologie est à la hausse et la demande en hélium aussi.

Depuis la pandémie, le professeur estime que le coût d’une bonbonne d’hélium a quadruplé. Si les universités ont des ententes avec des fournisseurs, le prix courant est d’environ 2500$ la bonbonne selon le professeur.

«Avec tous ces conflits, on ne sait pas trop où ça va aller, mais pour le moment, le médical reste prioritaire», affirme-t-il. La situation n’est pas problématique pour l`instant, mais les tensions au Moyen-Orient inquiètent plusieurs laboratoires selon lui.