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Des conseils financiers traditionnels qui ne s’appliquent plus à la vie moderne

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Une personne utilise l’application calculatrice de son téléphone à Toronto, le lundi 22 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan Une personne utilise l’application calculatrice de son téléphone à Toronto, le lundi 22 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Sammy Kogan)

Acheter une première maison, vivre avec un seul revenu et occuper le même emploi pendant 40 ans: la vie était très différente pour les générations précédentes, et de nombreux jeunes ont compris que ce qui fonctionnait pour leurs parents n’est pas nécessairement d’actualité dans le monde moderne d’aujourd’hui.

Alors que les jeunes Canadiens continuent de faire face à des coûts de logement élevés, à un ralentissement de la croissance des salaires et à d’autres défis, les adages financiers séculaires sont devenus obsolètes, ce qui oblige à repenser ce qu’est aujourd’hui une gestion intelligente de l’argent.

Voici quelques règles empiriques courantes en matière de gestion financière qui, selon les conseillers financiers, doivent être réexaminées.

Le logement ne devrait représenter qu’un tiers du budget

«Si vous essayez de respecter cette règle, vous ne pouvez vous permettre d’acheter qu’une propriété de 500 000 $, ce qui est bien inférieur à la moyenne nationale et ne vous mènera pas très loin dans la plupart des grandes villes», explique Jason Nicola, planificateur financier agréé chez Nicola Wealth, à Vancouver.

Il cite des études qui montrent à quel point les choses ont changé par rapport aux générations précédentes. Le ratio entre le prix des logements et les revenus n’a cessé d’augmenter au cours des dernières décennies.

Le problème de l’accessibilité au logement demeure, même en tenant compte des taux d’intérêt plus bas actuels. Avec des taux hypothécaires d’environ 4,5 % aujourd’hui, un jeune couple disposant d’un revenu brut de 100 000 $ devrait consacrer au moins 45 % de son revenu après impôt au seul remboursement de son prêt hypothécaire, sans compter les taxes foncières, les assurances et l’entretien, explique M. Nicola.

Bien qu’il ne le recommande pas, il ajoute qu’il n’est pas rare de voir certains ménages consacrer jusqu’à 50 % de leur revenu mensuel aux frais de logement.

«Je pense que c’est simplement une réalité inconfortable pour beaucoup de gens», note-t-il.

Les économies augmenteront grâce à la puissance des intérêts composés

Mettre de l’argent de côté sur un compte d’épargne pouvait être très avantageux grâce aux intérêts composés dans les années 80, lorsque les taux variaient entre 10 et 15 %. Cependant, avec des comptes d’épargne «à taux d’intérêt élevé» offrant actuellement des taux de 2 à 4 %, les experts affirment qu’il vaut mieux investir son argent plutôt que de le laisser dormir sur un compte.

«Les taux d’intérêt et les montants que vous pouvez percevoir ont peut-être changé, mais le pouvoir des intérêts composés reste le même», explique Aldo Lopez-Gil, conseiller financier chez Edward Jones, à Toronto.

Il explique qu’étant donné la faiblesse actuelle des taux d’intérêt, la croissance des intérêts composés est plus visible dans d’autres instruments d’épargne, tels que les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI) ou les comptes d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP).

«Je pense qu’il existe un manque d’information et de compréhension quant aux investissements qui peuvent être effectués dans un CELI, observe M. Lopez-Gil. D’après mon expérience, il s’agit d’un compte complètement sous-utilisé par les Canadiens.»

M. Nicola convient que la capitalisation des rendements au fil du temps reste intéressante, même si les taux d’intérêt sont actuellement plus bas. C’est pourquoi il déconseille de conserver un fonds d’urgence de trois à six mois sur un compte d’épargne traditionnel.

«Bien sûr, c’est une excellente idée et c’est très rassurant d’avoir une telle réserve. Mais je ne pense pas que ce soit une règle absolue, avance-t-il. [Très peu] de mes clients vont garder six mois de dépenses en espèces sans gagner d’intérêts.»

Commencer à épargner tôt pour la retraite

Alors que les générations précédentes se concentraient sur le remboursement rapide de leurs dettes et l’épargne du reste, cette approche n’est peut-être pas nécessaire pour les jeunes Canadiens d’aujourd’hui.

«Les personnes en début de carrière se trouvent souvent dans des tranches d’imposition inférieures, donc un REER n’a peut-être pas beaucoup de sens», explique Ainsley Mackie, gestionnaire de portefeuille chez Verecan Capital Management.

«Toutes les dettes ne sont pas mauvaises. Il n’est pas nécessaire de se précipiter pour les rembourser», ajoute-t-elle. En fait, Mme Mackie conseille d’avoir quelques dettes et d’effectuer des paiements réguliers afin de se constituer un historique de crédit, un «objectif extrêmement important» pour quiconque envisage de contracter un prêt hypothécaire plus tard.

Elle met en garde contre les prêts à taux d’intérêt élevé pour des articles de loisirs, tels que les VTT et les motoneiges, des «jouets» courants dans sa ville de Nelson, en Colombie-Britannique, où les taux d’intérêt sur ces prêts peuvent avoisiner les 21 %.

M. Lopez-Gil estime que la perception actuelle largement répandue du montant dont nous avons besoin pour la retraite est exagérée.

«Je ne pense pas qu’il existe un taux de retrait universel qui convienne à tout le monde, dit-il. On parle de la règle des 4 % depuis des décennies, mais cela varie selon les personnes et le mode de vie qu’elles souhaitent avoir.»

Il suggère plutôt aux jeunes Canadiens d’investir dans eux-mêmes et dans leurs revenus futurs. «Les REER étaient auparavant un peu plus restrictifs en matière d’utilisation, mais cela a commencé à s’assouplir», rappelle-t-il.

Ce conseil intervient à un moment où les parcours professionnels des jeunes Canadiens sont très différents de ceux des générations précédentes.

«La loyauté envers l’entreprise était autrefois récompensée, mais aujourd’hui, c’est plutôt la capacité d’adaptation dans sa carrière qui est valorisée», constate Mme Mackie, ajoutant que les jeunes travailleurs occupent désormais chaque emploi pendant quatre ans en moyenne.

«Il est logique que les gens changent d’emploi au cours de leur carrière, obtiennent un salaire plus élevé, élargissent leurs compétences et puissent mieux concilier travail et vie personnelle.»

Par Cathy Miyagi, La Presse canadienne