Chroniques

Impôts de Gilles Vaillancourt: les priorités de l’Agence du revenu du Canada

Le maire de Laval n’en revient pas. Et la plupart d’entre nous non plus...

Publié le 

Chronique Antonine Yaccarini | «Impôts de Gilles Vaillancourt: les priorités de l’Agence du revenu du Canada» (Crédits: image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) Chronique Antonine Yaccarini | «Impôts de Gilles Vaillancourt: les priorités de l’Agence du revenu du Canada» (Crédits: image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) (La Presse canadienne)

Le maire de Laval n’en revient pas. Et la plupart d’entre nous non plus: l’Agence du revenu du Canada (ARC) réclame un million de dollars à la municipalité de Laval afin que Gilles Vaillancourt paie ses impôts sur ses activités criminelles. Oui, oui, vous avez bien lu. C’est ça, la priorité de l’Agence du revenu en ce moment ? Et honnêtement, qui a envie d’enlever de l’argent à une ville pour l’envoyer dans le grand trou noir fédéral? Personne.

Saviez-vous que les revenus de la criminalité sont imposables? C’est parfois ainsi que les crapules se font prendre: par le fisc!

L’argent volé par Gilles Vaillancourt à l’époque où il était maire de Laval a depuis été remis à la municipalité. L’ARC réclame 14% de la somme récupérée par la Laval, soit un million de dollars, afin de payer les impôts de ces «revenus» qui, en théorie, doivent aller dans les coffres de l’État.

Mais la théorie doit parfois s’adapter à une réalité tangible : cet argent est aujourd’hui dans un fonds servant à financer des organismes dans les quartiers défavorisés, pour aider des jeunes. Il n’y a aucune raison pour pénaliser les jeunes de Laval.

Le gouvernement du Québec a donné une exception à Laval il y a quelques années pour la part d’impôt provinciale. Ottawa pourrait très bien faire de même.

Le ministre des Finances et responsable de l’Agence du revenu, François-Philippe Champagne, dit «chercher une solution». Pourquoi est-ce toujours long et ardu quand il est question du gouvernement fédéral?

L’ARC n’a pas d’autres chats à fouetter?

Et avec tout ce qui se passe dans les dernières années au palier fédéral, ça ne donne pas envie de retirer de l’argent à un gouvernement de proximité pour l’envoyer vers les cieux fédéraux, loin des gens.

Laval devra rembourser 1 M$ à l’ex-maire Gilles Vaillancourt Revenu Canada force la Ville de Laval à signer un chèque d’un million de dollars à son ex-maire Gilles Vaillancourt afin de couvrir des sommes qu’il doit en impôts. Notre collaborateur Yves Boivert explique la situation.

L’ARC devrait se concentrer sur l’augmentation de son efficacité. Heures interminables d’attentes au téléphone pour parler à quelqu’un, impossibilités d’obtenir certaines informations, mauvaises informations qui ont été transmises à des citoyens…

Mais pendant ce temps, l’ARC a le temps de courir après l’argent de Laval. Incroyable quand même.

Fiascos fédéraux

Les dépenses en rémunération ont connu une hausse de 30,5 % depuis 2019, en dollars constants (source: IEDM). On a ajouté 100 000 fonctionnaires supplémentaires en 10 ans. Avec tous ces nouveaux fonctionnaires, on pourrait croire que l’administration fédérale fonctionne mieux ?

Malheureusement, le gouvernement fédéral canadien cumule les échecs, mettant en lumière un grave manque d’imputabilité et d’efficacité.

Prenons le logiciel Cùram, destiné à gérer les pensions de la Sécurité de la vieillesse et d’autres prestations. Il laisse en plan des dizaines de milliers de retraités qui se retrouvent privés de leur pension et sans réponse claire de la part du fédéral. Lancé en 2025 avec un budget de 1,1 milliard de dollars, le budget a explosé à 6,6 milliards. Tout va bien… Ce n’est pas sans rappeler le fiasco Phénix.

Que dire de Postes Canada, que le gouvernement Trudeau a laissé se diriger vers le mur. On y déploie maintenant un plan de restructuration, 10 ans trop tard. Les grèves successives ont fait des dommages et les individus et les entreprises ont perdu confiance.

Et on pourrait continuer ainsi pendant des heures.

Alors non seulement la demande de l’Agence du revenu est absurde et pénalise injustement les citoyens de Laval, mais politiquement, M. Champagne aurait tout intérêt à écourter cet enjeu, parce que ça ne montre pas le gouvernement fédéral sous son meilleur jour.

Plus l’argent est géré localement, près des gens, mieux il est géré et plus on fait de chemin avec chaque dollar. Vous ne me ferez pas croire que ce million sera mieux utilisé au fédéral qu’à Laval !

Pour recevoir toutes les chroniques d’Antonine Yaccarini, abonnez-vous à notre infolettre, Les débatteurs du samedi.