Chroniques

CAQ: après la course, les vrais défis

Comment construire une équipe solide sans provoquer d’autres départs?

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Course à la CAQ: plus de la moitié des membres ont déjà voté La course à la chefferie de la Coalition avenir Québec se poursuit alors que plus de la moitié des membres ont déjà voté.

Les défis ne manqueront pas pour le nouveau chef ou la nouvelle cheffe caquiste. Cette personne, qui sera élue dimanche et qui, de facto, deviendra la prochaine ou le prochain premier ministre, devra refaire l’unité du parti en un temps record, bien communiquer l’offre politique de la CAQ pour la campagne qui arrive à grands pas et trouver des candidats dans toutes les circonscriptions alors que les projections actuelles ne sont pas particulièrement glorieuses.

La course aura laissé des traces et, en priorité, il faudra travailler à recoller les pots cassés par les affrontements entre Fréchette et Drainville. Construire un conseil des ministres dans ce contexte sera périlleux. Comment construire une équipe solide sans provoquer d’autres départs? Comment remercier ses appuis tout en tentant de favoriser le retour de l’unité? Ouf, bonne chance.

Après avoir passé cette étape cruciale et dangereuse, le successeur de François Legault n’aura que quelques semaines pour tenter de changer le narratif politique. Ce narratif, c’est que la CAQ est usée à la corde et qu’elle risque d’être rayée de la carte en octobre.

L'Assemblée nationale est prorogée jusqu'au 5 mai Le gouvernement proroge l'Assemblée nationale jusqu'au 5 mai pour laisser le temps au nouveau premier ministre de prendre ses fonctions.

En début de course, l’option d’une CAQ avec Christine Fréchette à sa tête offrait des espoirs pour les caquistes. Or, les données de sondages sont retombées assez rapidement, et bien que les données soient plus encourageantes avec Fréchette qu’avec Drainville, rien ne sera facile pour la formation politique nationaliste.

Dans ce contexte, comment faire pour attirer des candidatures intéressantes pour l’élection? C’est bien ça le problème, ça prend de bons sondages pour attirer des candidats, et ça prend des bons candidats pour faire bouger les sondages.

Le PQ recrute à bon rythme

Le Parti Québécois offre un rythme soutenu d’annonces de candidatures. On nous dit que le parti croule sous les CV. Et ce même si on est à plusieurs mois encore des élections. Il faut le dire, s’annoncer tôt peut avoir des conséquences professionnelles.

Aussi, on sait tous que les sondages peuvent devenir moins favorables, donc en s’annonçant aussi tôt, les gens sont prêts à prendre un plus grand risque. On a toujours senti une grande force dans l’engagement des membres et des militants. À noter que le parti garde des candidats qui étaient sur les rangs quand ça allait moins bien, je pense à Sandrine Michon et Stéphane Handfield, en plus de présenter de nouveaux visages avec des CV très intéressants.

Du côté du PLQ, pas autant d’annonces qu’au PQ, mais en coulisse, on sent un certain enthousiasme. Le parti vient de se sortir d’une crise (et tout n’est pas réglé !). On entend que plusieurs anciens ont de l’intérêt à revenir. Le chef libéral devra trouver le bon équilibre entre le retour d’anciens et l’arrivée de nouveaux visages s’il veut incarner le changement, surtout avec les enjeux éthiques du passé qui planent toujours.

Le PCQ a fait un excellent coup en recrutant Maïté Blanchette-Vézina. Je ne suis pas convaincue que cette dernière ait tant à gagner avec cette alliance, mais une chose est certaine, Duhaime a encore réussi à faire parler de lui et de son parti. Il s’est assuré une place en débat des chefs et peut espérer améliorer son recrutement puisqu’il a imposé le PCQ comme une force politique incontournable et qu’on peut raisonnablement s’attendre à ce que des députés conservateurs soient élus l’automne prochain. Pour le moment, les candidatures présentées ressemblent beaucoup à ce que le parti avait proposé en 2022, mais il reste encore du temps.

Autonomie du Québec: Duhaime et le PCQ se positionnent comme remplaçants de la CAQ Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec (PCQ) veulent cimenter leur image d’alternative de la Coalition avenir Québec (CAQ) et la voie autonomiste dans la province.

QS, tout comme la CAQ, est également dans une situation difficile. Avec l’annonce des départs de plusieurs ténors, comme Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé et Christine Labrie, conjuguée avec des sondages sombres, la formation de gauche aura beaucoup à faire pour renverser la vapeur.

L’argent, nerf de la guerre électorale

Les dons reçus par chacun des partis politiques sont également un indicateur intéressant. Le Parti Québécois trône au sommet du financement depuis des mois.

En 2025, le PQ a amassé 898 900$, loin devant le PLQ, la CAQ et le PCQ qui ont amassé respectivement 272 000, 246 300 et 240 100$. Le PCQ ferme la marche avec 63 700$. (Source : Élections Québec)

Le PQ a toujours été fort en financement, même quand les appuis étaient beaucoup plus bas. Cela dit, une telle avance dans les dons est un autre indicateur positif qui démontre que le parti a réussi à maintenir un fort momentum très près de l’échéance électorale.

Mais attention: rien n’est joué pour l’élection, les plaques continuent de bouger.

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